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Photographies personnelles,Musique, Ecriture, Béarn, Aquitaine, "J'ai le dégoût très sûr " Jules RENARD (Journal)

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  • 11/13/16--01:01: Les cousins Lorrin
  • Petit message   personnel, vers Moscou

     

    Спасибо Татьяна из вашего прохода, видите вы скоро на берегу (диапазон) сразу после холодов! Дружба

     

     

    Les cousins Lorrin n’appartenaient à aucune époque, aucun siècle n’était fait

    pour eux.


      Ils étaient hors du temps, hors des temps, intemporels, sous la houlette du

    patriarche Louis dont on disait qu'il avait fait de brillantes études; je n'ai 

    jamais su lesquelles. Jamais il ne travailla. 

     Louis, à l’âge de vingt-deux  ans  avait épousé sa cousine germaine,

    Catherine, la fille de son oncle maternel, car il n’est pas bon que se

    dissolvent les patrimoines dans les familles cauchoises. La meilleure tactique

    avait été donc et depuis de nombreuses générations de faire s’épouser entre

    eux les  cousins et cousines, plutôt germains, pour rapprocher les terres,

    pour resserrer les demeures, pour éviter de voir s’éparpiller les biens.

    cousinage,normandie,éducation,rigidité,famille,carmel

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      Ainsi donc Louis, et Catherine , ménage exemplaire,  se virent à la tête de

    nombreuses propriétés, domaines agricoles, vastes demeures bourgeoises,

    métairies, entourées de haies de peuples et de hêtres , dignes héritiers des

    personnages de Maupassant.

     Le lit conjugal servit, et Louis accomplit son devoir d’ensemencement ;

    Catherine accoucha en six ans de cinq enfants.

     La vaste demeure longeait la rue principale du bourg, six fenêtres aux

     

    barreaux serrés, dont les volets se fermaient dès cinq heures du soir.

     

    Un jardin sur l’arrière, prolongé d’un potager, puis les champs. Point d'amis,

     

    (Louis aimait à proclamer que les seuls amis des enfants sont leurs parents ) point

     

    de fréquentations, hormis l'inévitable curé de la paroisse ,le notaire, et puis,

     

    un vieil évêque , dont on ne savait ce qui avait motivé son arrivée dans ce

     

     coin reculé de Normandie. Il venait  une heure  pour le thé quotidien

     

    confessait Catherine, écoutait Cécile avec bienveillance, puis repartait

     

    jusqu'au lendemain...

     Joseph, le fils aîné, porteur de toutes les espérances paternelles,

    fut condamné à réussir son entrée dans la vie militaire.

    Surprise, car jusqu’à Joseph, aucun aîné n’avait jamais eu d’autre occupation

     

    que de prolonger la dynastie et gérer le patrimoine.


      Joseph entra donc à Saint Cyr. Il disparut en  Indochine.

     

     Henri-Pierre, de treize  mois son cadet, se révéla un enfant fragile,

    étrangement artiste dans ce monde sans art . On le mit très vite en pension

    chez les Jésuites, pour lui faire le caractère. Henri-Pierre, nous le

    découvrîmes il y a peu dans  de la correspondance retrouvée incidemment,

    tenta de mettre fin à ses jours à treize ans.

     Il se heurta violemment à la volonté paternelle, qui le destinait à la

    magistrature.Il ne parlait que  Beaux Arts, peinture, aquarelle, sculpture, ce

    qui lui valait les foudres et les lazzi du père tout puissant .

    Catherine se montra  absente de l’éducation. Tout revenait à Louis qui

    régentait son monde.


      Cécile, délicate jeune fille, troisième de la famille, se réfugia très

    rapidement dans l’extase et la contemplation  du Saint Sacrement. Elle

    passait le plus clair de ses journées d’enfant puis de jeune adolescente en

    adoration et en prières.


      Quand elle annonça sa volonté de rentrer au Carmel, son père se déchaîna.

    Elle se devait à ses parents. Seule fille, il n’était pas question qu’elle opte

    pour un autre destin que celui de servante, en quelque sorte, bien que le mot

    n’ait jamais été prononcé, mais toujours sous entendu. Elle occupa ce poste

    jusqu’à sa majorité, servile, et priante et le soir même de ses vingt et un

     ans, quitta la maison aux  fenêtres grillagées pour rejoindre le Carmel de

    Lisieux.

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    Son père la décréta morte.

    On ne prononça plus jamais son prénom.

    Cécile disparut de la vie des  Lorrin.

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     Le quatrième, Edouard,  portrait du père, tout en rigidité et en autorité,

    mena  tant bien que mal ses études secondaires à leur terme, puis, élu et

    cornaqué par Louis, prit la direction des affaires, ou du moins , de celles que

    son père voulut bien lui déléguer. Des peccadilles , qui l’occupaient. Car Louis,

    l’âge avançant, ne cédait pas un pouce de ses attributions de patriarche.

     

     Victor était le cinquième : un bien bel enfant.

     Quand il eut trois mois, ses parents se rendirent au Havre pour le présenter

    à la famille paternelle. Au retour, la voiture  quitta la route, Louis ne put

    redresser le véhicule qui heurta un arbre ; Victor, des  bras de sa mère, fut

    éjecté ; on le retrouva dans le fossé.


      Depuis ce jour, Victor, la cervelle brouillée, innocent à vie, se métamorphosa

     

    en valet de ses parents qu’il servit, jour après jour.


      Quand je rencontrai Victor, il était le chauffeur de papa-maman, tout de

    noirs vêtus, col rigide pour le père, chapeau à voilette pour la mère.

     Lui, voix hachée,prononciation hésitante, servile et aplati devant la toute

    puissance paternelle,me raconta comment il s'était cassé quatre côtes et le

    bras droit :

    " Victor, il faut couper la branche du pommier qui passe chez le voisin.


      J’ai dit oui papa. J'ai dit oui papa ...


    Je suis monté dans l’arbre, j’ai scié la branche, Et je suis tombé comme ça,"

    fit-il en levant au ciel ses deux grands bras qui touchaient presque le

    plafond.

     Je voyais sa pomme d’Adam qui montait et descendait.

     J’avais à la fois pitié et envie de rire.


    Alors papa a pris la brouette, j’avais mal, il m'a dit de m’y asseoir et il m’a

     

    reconduit à la maison. Je crois que ça s’est remis maintenant. Mais j'avais

     

    mal. "

     

     

     

    • medium_brouette.JPG

     

     

     Victor avait bien entendu scié la branche sur laquelle il était assis. On croit

     

    que cela n’arrive que dans les histoires drôles. Non, cela arrive aussi dans les

     

    histoires tragiques de la vie.Jusqu’à la mort de ses parents, Victor fut la

     

    bonne, le chauffeur et le jardinier, puis, le garde malade.


      Catherine partit, suivie dans le mois par Louis.

    Cécile fut prévenue par Henri-Pierre, qui avait installé une galerie d'art  rue

     

    Bonaparte, à Paris et qui vivait avec Fabien depuis  plus de vingt- deux ans.

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     Edouard Lorrin avait pris les rênes de l’héritage, marié à une cousine,

     

    il était déjà quatre fois père et régentait les biens de mains de maître.

     

     

      Cécile , Mère Marie Raphaëlle, vint, ombre sombre, qui avait obtenu de la

    Supérieure l’exceptionnelle permission de sortie.

     Elle  sourit à Victor, qui ne savait qui elle était. Elle l’entoura de ses bras en

    ailes protectrices, et le ramena au Carmel.

    Il y finit ses jours comme jardinier,  ombre parmi les ombres, entouré de la

     

    première affection de  sa vie, serein,  calme, dérangé et gentil.

    cousinage,normandie,éducation,rigidité

     

     


    0 0

    Comprenez que j'hésite à ouvrir,

     

                voire , entr'ouvrir les guillemets. Non ,pas les  volets,

     

    guillemets,du coup,voilà,tics de langage

                 je dis bien,

                                   les guillemets 

     « « « «  """"" « « « « « « « « « "« « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « 

     

    « « « « « « « « «  "" « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « 

     

    « « « « « « «

     « « « « « « « «

     « « « « « « « « « « « « « « « « « 

    « « « « « « « « « « « 

     

        Imaginons un instant qu'un courant  d' air s'y engouffre, même un

     zéphyr et que le souffle aussi léger soit-il, m'interdise à tout

     jamais de refermer la ponctuation que je souhaitais voir

    installée temporairement ?

     

      Du coup,  au jour  d'aujourd'hui,  on impacte au quotidien  tous

    les propos de " entre guillemets ",

     du coup, voilà, .......du coup....et voilà. ...

     

       Qu'  adviendra-t-il  alors  du  message murement  réfléchi, mais

     atténué délibérément par le double signe si tolérant pour

    moduler   la pensée émise? 

     

     Si même la ponctuation se met à me jouer des  tours, je resterai

    donc close,  bouche cousue,  gardant au fond de mon cœur le

    secret  des  mots qui ,  à cause  du  léger courant d'air pourraient

    bien engendrer des tempêtes effroyables, des raz de marée,

    un tsunami,  un nouveau Déluge , que sais-je encore ?

     

          Et ça,  jamais,   foi de moi.

     

     J'hésitais,  je tergiversais, ma décision est maintenant prise,

     je clos ici , avant même  de débuter, ce que j'aurais aimé dire,

    et c'est tant  mieux  pour  la paix  dans  le monde .

    « « « « « « « « «  "   « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « 

     

     

     

     

    « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « 


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  • 03/08/16--00:59: Une égérie arcachonnaise
  •  

    C’est en 19 . . .  que Pauline Marchicourt,

     

     lassée de la vie parisienne,

    pose définitivement ses malles à Arcachon.

     


    Il faut lui reconnaître que ses dix dernières années dans la capitale

     

    comblées d’honneurs, de rencontres,

     

    d’évènements tous plus festifs les uns que les autres,

     

     lui avaient donné à penser sur la vanité de l’existence.

    *

    *

     

    *

     


    Elle arriva donc  anonymement au bord du bassin,

     

     bien décidée à se tenir éloignée

     

    du ramdam du Tout Paris

     

    avec lequel elle s’était décidé à couper définitivement..

    *

    *

    medium_vers_le_Moulleau_en_sépia.jpg

    *


    C’était sans compter avec les  amis

     

    qui la retrouvèrent,

     

    dans sa petite maison de l’arrière Moulleau,

     

     avenue Saint François Xavier,

     

     et qui aussitôt, s’invitèrent pour y renouveler

     

    les facéties et fêtes parisiennes.

     


    Mais Pauline tint bon et éconduisit les importuns.

     

    …Quelques temps.

     


    Quand Marcelle Chantal,

     

    qui avait acquis une belle et discrète  propriété au Pyla

     

    découvrit que Pauline était à deux pas de chez elle,

     

     elle ne fit ni une ni deux, et débarqua.

    *

    *

    medium_marcelle_chantal.jpg

    *

    Marcelle Chantal

    *

     

     


    Pauline dut vite renoncer à sa paix provinciale

     

     et c’est ainsi qu’elle devint l’égérie des soirées,

     

    et des après midis arcachonnais.

     

     

    Après midis, oui,

     

     car Marcelle lui fit découvrir en premier

     

     les charmes de la pâtisserie Foulon.


    On allait en bande y prendre le thé

     

     et savourer les exquis  sandwiches

     

     en pain de mie triangulaires et miniatures ,

     

     fourrés de crabe, de mousse de foie gras,

     

    qui convenaient à toutes les heures du jour et de la nuit.

    *

    medium_Foulon_bd_de_la_Plage.2.jpg

    *

    *

     


    Pauline alla rapidement fureter dans les cuisines

     

    où Odette l’introduisit.


    C’est ainsi qu’elle confia au chef la recette,

     

     « sa » recette

     

    de la longue  tarte feuilletée  aux framboises.

     


    Foulon en fit son  chef d’œuvre,

     

     en vendit des kilomètres,

     

    et cacha  toujours l’origine de  sa recette.

     


    C’était Pauline Marchicourt.

     

    Aujourd’hui, on le sait.

     

     

    Plus personne ne faisait quoi que ce soit

     

     en Arcachon sans en avoir au préalable parlé à Pauline.

     


    Elle commentait,

     

     ajoutait son grain de sel,

     

     se faisait Maître de Cérémonie,

     

    muse, attendait, l’oreille baissée,

     

     qu’on ait terminé de parler

     

    pour prononcer son verdict…

     

     

    Pierre Benoît qui trouva  gîte et couvert

     

    chez Maurice et Odette,

     

    s’enquit de Pauline

     

     et vint la rencontrer.

     

    Elle lui suggéra quelque visite à l’île Verte,

     

    au  nord  Gironde pour peaufiner  ses informations

     

    avant que de rédiger son roman éponyme.

     


    On dit même qu’elle l’y accompagna.

     


    Il lui en  sut gré, et pour la remercier,

     

     s’installa toute une saison chez elle.

     

    Car pour lui, sa présence était un honneur qu’il faisait à autrui…

     

    Pierre Benoit - Wikipédia

    -

    *

    medium_benoit.jpg

    *

     

     

    Pierre Fresnay, avec Yvonne Printemps,

     

     vint passer  une autre  discrète saison sur les rivages du bassin,

     

     et quand il sut que Pauline y résidait,

     

     il la débusqua,

     

     et la convint à de  délicieuses  soirées en leur compagnie.

    *

     

    Pierre Fresnay - Wikipédia

     

    *

    medium_pierre_fresnay.jpg

    *

     

    Très vite, elle leur devint indispensable,

     

    elle était de tous les dîners, gaie,

     

     incollable sur tout et  tous ;

     

     elle dévoilait gentiment les petits travers

     

    qu’elle avait notés chez l’un ou l’autre

     

     et renversait  sa chevelure en arrière

     

    avec des gloussements de honte d’avoir trop parlé.

     


    Mais, à Pauline tout était pardonné.

     

     

    Lors d’une calme promenade dans ce Moulleau

     

    où chacun maintenant savait que c’était elle,

     

     elle s’arrêta en admiration  devant la grille du presbytère :

     

    devant elle, le plus beau jardin qui lui avait été donné de voir :

     

     cascades de giroflées,

    feu d'artifice de monbretias

    *

    medium_monbretias_ds_jardin.jpg

    *

     de lavande, débordant des rocailles, clématites,

    *

    medium_sépale_en_pleurs.jpg

    *

     

     millepertuis courant à ras de sable,

     

    solanum et roses trémières,

    cadre vraie carte postale de charente maritime.jpg

     

    explosion de marguerites, d'alstroemerias,

    *

    medium_explosion_de_marguerites_2.jpg
    medium_sur_fond_rouge_plus_clair.jpg

    *

     

    de cosmos,

     

    de bleuets,

    *

    autres cosmos et bleuets.jpg

    *

    légers ombrages des eucalyptus et de l’olivier...


    Elle poussa la grille,

     

     et par ce biais, fit la connaissance de l’abbé Marcou,

     

     ci devant curé de la paroisse et grand instigateur de l’ordre du jardin.

     


    C’est lui qui l’instruisit sur l’origine du mot Passes

     

     

    « Monsieur le Curé, votre église porte un nom bien cocasse :

     

    Notre Dame des Passes, !  vous n’y pensez pas ? . .  . »

    *

    medium_moulleau_mariage_avril_2008_C_et_N.2.jpg

     

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    *

    cadre n d des passes moulleau.jpg

     

     

    Et de renverser en arrière sa lourde chevelure

     

    dans un gloussement de  diva.

     

     

    Le père Marcou en marin aguerri,

     

     lui expliqua que les passes

     

     étaient ces deux bras d’eau

     

    qui  permettaient aux marées  de pénétrer

     

     et de  sortir du bassin, et non pas…

     

     

    «  Vous savez, pour moi, les passes,  c’était  :

     

    - Cinq francs la passe !

     

    qu’annonçait la grosse putain de la rue de  Budapest !

     

     

    Que voulez vous monsieur le Curé, à chacun ses références ! »

     

     

    Le père Marcou et elle devinrent très grands amis,

     

    Pauline prit en mains la destinée du jardin,

     

    avec un bonheur inégalé.

     

     


    Passèrent les années.

     


    Chaque célébrité dès son arrivée,

     

     déboulait avenue Saint  François Xavier

     

     et c’étaient des échanges à n’en plus finir :

     

     

    Jean Marais,

    qui rejoignait son frère chaque été sur le bassin,

     

     lui tomba dans les bras,

     

    puis lui saisissant les mains  en se reculant,

     

     la regarda avec un sourire délicieux :

     

     

    «  Pauline, ici !  vous ! . non ! . .. ».

     


    Alain Delon, avec Nathalie, et le petit Anthony,

     

    en séjour chez les Poniatowski,

     

     passèrent plusieurs soirées avec elle,

     

     

    Marthe Mercadier l’appela de Paris pour lui demander conseil :

     

    elles deux  concoctèrent une visite  au Canon

     

     où Marthe se décida à l’achat

     

     d’une adorable propriété en bord de plage.

     

    Pauline l’aida au choix des rideaux,

     

     mettant comme toujours à profit son goût,

     

     ses  idées raffinées.

     

    Parmi les derniers,

     

     il y eut récemment Obispo, oui,

     

     le Pascal, installé au Ferret,

     

     mais après avoir  pris conseil de Pauline.

     

     Il balançait entre les deux rives nord

     

    ou sud du bassin.

     

     Pauline lui recommanda la paix de la pointe du Cap,

     

     elle-même n’avait que trop su ce qu’était la célébrité à Arcachon

     

    bien qu’elle reconnut que la région n’avait rien à voir

     

    avec les folies mondaines de la Côte d’Azur.

    *

    medium_cadre_depuis_le_cap_ferret.jpg

    *

     

     

    Il y a peu, Pauline s’est éteinte .

     


    Une belle cérémonie réunit en l’église Notre Dame des Passes

     

     tout le gratin parisien qui n’avait pas oublié

     

    la vieille amie,

     

     la confidente,

     

     la pareille.

     

    Pauline, la discrète,

     

    qui n’avait pas réussi sa retraite calme,

     

     qui avait rayonné sur tout ce que le bassin comptait de gloires,

     

     de noms, de célébrités …

     


    Pauline, qui avait quitté Paris

     

     pour la paix, laissant derrière elle

     

     quarante années de  souvenirs à Saint Germain,

     

    comme Dame Pipi à la Brasserie Lipp,

     

     parmi les fantômes de Miles Davis,

     

    François Mitterrand,

     

    André Malraux,

     

     Saint Exupéry,

     

     Gide,

     

     Sartre,

    et

     

    Simone ,

     

     Greco,

     

     Hemingway

     

     ou Léon Blum...

    *

    *

    Pau, 11 juillet 2008

    Note de l'auteur:

    tous les noms et prénoms cités renvoient

    à des personnes existant ou ayant existé,

    et habitués d'Arcachon,

     

     

    SAUF

     

     

     

    *

    *

     

    Pauline Marchicourt,

     

     

     évidemment

    *

    *

     

     

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    medium_lipp.jpg

     

     


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    15 août, Saint Marie, qui n'a pas autour de   soi    au moins

    une Marie?

    Chaque famille recèle ce beau prénom, cette évocation

    à la Vierge-Mère,



    Je me souviens d'une Marie , enfance et tendresse :



     Née en 1903, à Mugron,au cœur de la Chalosse, Marie,  n’avait bénéficié que de juste ce qu’il fallait d’école pour apprendre à lire et à compter avant de se retrouver dans les champs à pousser oies et canards,

     puis au lavoir à frotter draps et chemises de quelque riche bourgeoise des environs.Mugron.

     Quand elle arriva au service de mes grands parents, elle avait vingt- sept ans, un fils, un mari déjà mort des séquelles de la Grande guerre.

     Courageuse et volontaire landaise, elle entra donc comme domestique, bonne à tout faire comme on disait alors.

     Elle participa aux moments rares de joie de mon père,il avait dix ans, elle lui servit davantage de mère que la sienne propre. Ouverte, brave, dans le sens le plus large, Marie trimait dur, entre son Jojo, sa belle mère, qu’elle avait à charge, la maison.

     Elle rentrait coucher chez elle . J’ai beaucoup fréquenté  sa demeure, petite, étroite, entre deux maisons, en haut d’un perron toujours fleuri.

     Une pièce commune où Alice la belle mère trônait, impotente et acariâtre qui régentait la vie,du fond de son fauteuil.

     La chambre d’Alice, au bout du couloir, la seule à fenêtre sur cour, et entre les deux, une pièce noire où Marie couchait, avec son Jojo, dans le même lit.

     Robinet d’eau froide au dessus de l’évier dans la pièce  à vivre, une grande cheminée, une cuisinière à bois ; petite cabane dans la cour : il fallait descendre les huit marches, faire le tour de la maison, pénétrer sous le porche. Au fond de la cour, commune à cinq locataires, la cabane en bois.

     En pleine ville. Années 60, c’est ainsi que j’ai connu les lieux dans lesquels elle vivait depuis 1930.

    Levée  aux premières lueurs, couchée à pas d’heure.

     Elle savait tout faire ; ce qu’elle ignorait, elle l’apprenait sur le tas.

     Coudre, repasser, cuisiner, frotter, récurer, courber la tête, patienter et supporter.

     Je l’ai toujours vu alerte et souriante, dévouée et patiente.

     Elle joua à la maman donc avec mon père. Quand il rentrait de sa semaine de pension, elle avait toujours quelque gâterie préparée à son intention.

     A nous, Marie nous servit de grand-mère. C’est avec elle que je passais à la cuisine,le plus clair des repas dominicaux obligatoires.

     Je fuyais ces longues heures de tablée où il ne fallait rien dire, juste faire bonne figure et présence.

     Dès que je le pouvais,j’échappais aux regard et filais voir Marie et Marguerite qui servait à table.

     Marie, c’était plutôt la cuisine, la vaisselle, le rangement,les tâches plus ingrates que le tablier blanc du service. Parfois, elle se trouvait installée au rôle du service à table.

     Elle s’en sortait parfaitement, anticipant les ordres, souriant aux regards Madame qui appelait le personnel à l’aide d’une clochette ou bien d’une sonnette commandée au pied !et qui alertait dans l’office qui de droit !

     A l’époque où mon père commença de fréquenter la fille de la bouchère,il imposa la charmante jeune fille à certains repas qui avaient été organisés pour lui favoriser des rencontres avec d’autres jeunes filles à marier.

     Mon futur papa, avec la complicité de Marie, eut même le courage de bouleverser l’ordre des cartons sur la table mise, pour imposer ma future maman à son côté en lieu et place de Mademoiselle X que ma grand mère lui avait désignée comme voisine de table.

    Marie riait de bon cœur !

     Elle fut le témoin privilégié des amours de mes futurs parents, vint à leur mariage en Périgord et quand je naquis, se mua tout naturellement en ma troisième grand-mère.

     J’ai tant aimé Marie ! Écrire et parler d’elle  me donne ce délicieux frisson de la faire vivre, respirer, rire. Elle venait une fois par semaine aider un peu ma mère dans les travaux de la maison,

    mais c’était surtout prétexte à des échanges, des plantations au jardin, ou bien de grands éclats de rire  quand il s’agissait de tirer les draps pour les défroisser après leur séchage.

     Elle repartait avec des livres, qu’elle dévorait.  Elle s’était mis à lire avec passion, l’Histoire, les romans, les Classiques son goût était sûr, ses critiques pertinentes et aiguës.

     Parfois elle butait sur quelque mot étrange et lui accordait la signification que la sonorité lui évoquait.


      Elle inventait tout un vocable imagé ;  ainsi je l’entends encore raconter que Madame  avait confectionné un gâteau  qui s’était  esclaffé.

     Et quand l'orage menaçait « ça va pétarer »

    Je ne vois jamais monter l’orage sans penser à Marie.


     Son Jojo, plombier dépressif, fréquenta longtemps le Petit Siacre…

     A la  retraite, elle se retira dans une maison tenue par des religieuses , où elle partagea patiemment la chambre d’une autre acariâtre   qui prit le relais de  sa belle mère.

     Elle était toujours souriante, nos passages hebdomadaires,les récits du  dehors, les repas que nous partagions avec elle dans la salle à manger, et qui la rendaient fière :

     « Ce sont mes petits enfants, » mentait-elle en rougissant.

     Mais non, elle ne mentait pas. Nous étions si proches de cette grand-mère que la vie avait glissée dans nos vies.

     Elle s’éteignit tout doucement en 1993, à 90 ans. La semaine dernière, j’ai retrouvé des cartes qu’elle nous envoyait quand elle passait quelques jours de vacances à Mugron chez son frère.


      Mugron,  je le traverse à chaque voyage vers Arcachon.  Mugron, chez Marie, et je regarde l’ancien lavoir où, enfant, elle plongeait ses mains rougies et déjà craquelées, déjà...

     







     

     

     


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  • 09/20/17--10:23: Ça ne vous intéresse pas ?
  • et bien,  rassurez vous, ça ne me fait ni chaud ni froid. 

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     Heureuse, comblée par ces points de vue qui me chavirent de tant

     

    de beauté  , je continue mon chemin.

    La  Vigne et ses échappées  entre les pins. La pointe  du Ferret 

    La dune du Pilat  en face.

    Chez   Hortense  . Les pêcheurs  seuls au monde.

    Ce soir, une petite virée en bateau. Pas sûre que je vous montre.

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       Une nouvelle pour ma chère tante Astridelle,

     

                  avec toute mon affection

     

       Et pour vous tous, puisqu'il paraît que vous aimez lire

     et pour nommer le titre  de la belle émission de Guillaume    Gallienne,

    le samedi à 18 heures  sur France Inter

     

                         "Un peu de lecture,ça peut pas faire  de mal ..."

     

    Lisez, ça  vous ouvrira les écoutilles.

     

     

     

     ------------------------

     

     

      Il était une fois, il y a  si longtemps, si longtemps qu'on ne  saurait dater l'histoire.

     

       Au fond d'une forêt épaisse, sombre, humide, au fond des bois maléfiques où les eaux  le disputaient au végétal, , vivait une femme , mais peut - on dire " une femme " quand on sait qu'elle  n'avait d'humain que l'apparence    à  peine  entrevue , au fond des sombres bois.

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       Ceux qui l'avaient approchée, -quelque chasseur , cavalier égaré-, n'avaient d'elle retenu que la face difforme, le nez écrasé, sous une chevelure aussi épaisse , aussi impénétrable   que la forêt qui l'abritait.

    cadre rochers moussus ss les hêtres.jpg

     

      Ceux donc  qui l'avaient   aperçue, en avaient rapporté une image tellement animale, une description  tellement éloignée  de l'idée même de femme que le surnom de  " la hure " lui fut donné, tant son visage évoquait le groin de la truie.

     

       " La hure "  ne  se montrait guère,

     c'était toujours par hasard qu'elle était entraperçue, toujours fuyante,  partageant son temps entre des cueillettes mystérieuses, le ramassage  du bois pourri , et celui des glands  dont comme cochons et sangliers elle se nourrissait .

     Comment femme un tant soit peu humaine  aurait-elle pu vivre  de ces bouillies malodorantes et indigestes ?  

      Elle était bien porcine  , l'Hure.

     

      Sans  âge, sans charme , sans rien qui la rendît humaine, l'Hure avançait dans une vie  sans avenir et  sans passé, rien, ni personne à ses côtés .

     

        Elle avait, disait-on, la science des herbes, des rites   de fécondité, la connaissance des simples , celles des bois profonds, des forêts humides, où  ne croissent que mousses, lichens et champignons douteux.

     

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      A croire qu'elle cherchait dans la fréquentation de ces étranges plantes  verdâtres, glauques, gluantes, quelque secret à percer.

     

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      C'était il y a  si longtemps que  même les arbres millénaires des  forêts primaires ne sauraient vous dire en quel temps...

    Au cœur des  forets  qui abritaient  les secrets  de l 'Hure, on se souvient encore de ruines étranges, noires, ruines devenues  quasiment végétales.

     

       L'Hure y venait souvent, surveillant la croissance de certaines plantes  médicinales  dont elle utilisait les vertus. Parfois l'arnica, souvent la gentiane,  mais elle allait plus volontiers vers les étranges, les moins connues, aux noms latins qu'elle déclinait pour elle seule quand elle  mettait au jour une espèce sur  son terrain  de  chasse :

     

     

         salvia divinorum, humulus lupulus, ephedra sinica, alluim ursinum, lagochilus inebrians , malva sylvestris, cymbopogon martini ...et caetera, et caetera

     

       Une particulièrement avait ses faveurs, petite plante  fleurie dont elle négligeait la partie  aérienne .

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    Description de cette image, également commentée ci-après

    Ce qui l'intéressait, c'était la racine, ou plutôt les racines , ou mieux encore la racine double.

     

      Étrange  Mandragora officinarum  dont on sait  que la structure ramifiée  des racines figure  le corps  humain, qui l'homme, qui la femme,  plutôt  sur un rapport de taille qu'un véritable déterminisme sexué de la plante.

     

       L'Hure vérifiait  toujours la taille de  la plante avant  de la déterrer et de recueillir précieusement  la racine conviée.

     

     

      La  laideur   de l'Hure était avérée, mais  ce que l'on  sait moins  que la fréquentation éternelle  de la laideur ne rend pas pour autant celui qui en est touché insensible à la beauté, tout au contraire.

         Les contes nous le  rappellent sans cesse. L'Hure ne faisait pas exception à la règle. 

     

       Aussi, celui que l'on  aurait surpris traquant  L'Hure dans ses  quêtes végétales eût- il pu imaginer  que la femme à la face de groin n'était en recherche  que d'un secret de métamorphoses, d'une plante  qui la rendît , à tout le moins  humaine, si ce n'est belle ?

     

     

          C'eût été sans  compter avec la nature même de L'Hure.

     

      Peu lui importait son aspect.

     

     Ce qui la rongeait, c'était la solitude.

     

         Elle  portait  seule  le  fardeau de la vie  , jamais partagé, jamais , jamais, jamais.

        Ce qui l'avait  conduite à cet état, sera ici tû  pour l'éternité. 

     

    Nous n'en soufflerons mot.

     Nous nous contenterons d'effleurer la souvenance  d' un passé  inénarrable.  

     

       Peu lui importait  de n'avoir jamais eu  de bras  autour  de  son corps décharné, de sourire   qui inondât de lumière  sa face animale, mais  ne pas  donner,  ne pas transmettre le don d'amour  qu'elle avait secrètement reçu de sa mère , ne pas aimer, quitte à ne pas être aimée.

     

     Mais aimer, donner, donner, donner, 

    jusqu’au  vertige, jusqu'au sacrifice !

     

        Et cela, qui l'eût deviné sous les traits  de l'Hure ? 

      Car L'Hure n'était qu'Amour, quand ceux  qui l’apercevaient  ne voyaient en elle que  repoussoir, maléfice, sorcellerie.

        La quête à la mandragore était elle un moyen  de toucher à l'Amour?  L'Hure, elle,   savait que la réponse était dans la racine  à deux jambes,  au corps musculeux...

     

     


    C'est au printemps que le recherche des racines de mandragore était la plus fructueuse pour l'Hure, printemps qui fait gonfler les sèves,

     

    les contes ne vous l'ont peut être pas révélé, mais la sève monte et descend ,

    double sens pour double bénéfice, des feuilles vers les racines, des racines vers les feuilles,

    et le retour du printemps , la douceur, en sont le déclenchement.


       Donc au printemps, racines gorgées de sève, racines riches en promesses pour l'esseulée.

     

     Ses récoltes printanières puis estivales se tournèrent vers les racines d'apparence mâle, autant que faire se pouvait.

     

        L'Hure récoltait encore et toujours et au début d'un automne que nous ne saurions dater, elle entreprit le lent travail qu'elle s'était fixé :

     

     de ces racines qu'elle broya dans un mortier de néflier, elle obtint une sorte d'emplâtre épais, brunâtre et peu avenant.

    Elle laissa se bonifier tout l'hiver suivant cette étrange pâte , tel un vin d'élite à qui il faut le temps pour révéler tous ses mystères.

     

      Ce n'est qu'au printemps suivant, le jour du printemps de cette année improbable, le 20 mars exactement qu'elle en fit enfin usage;

     

      elle commença par humidifier légèrement l'emplâtre rendu épais par la dessiccation, elle le huma, en prit une boulette entre ses doigts, l'étira, le façonna, puis le rendit à  sa forme première d'emplâtre, et doucement, elle l'appliqua par petites touches sur son ventre stérile, dissimulant son nombril, les rides transversales de ce ventre vide, noyant son pubis de la pâte brunâtre.

     

      Elle passa ainsi le printemps, l'été, et nul pour la constater mais la métamorphose eut lieu.

       La mandragore mâle s'offrit à   la vieille L'Hure et la nuit veille du solstice d'hiver, nuit la plus longue, la plus sombre, la plus froide, seule, au fond des forêt, L'Hure accoucha d'une fille dont on pouvait redouter qu'elle n'héritât la laideur de sa mère. 

      Le jour qui dès le lendemain, allait gagner sur la nuit, le premier de ces jours qui allaient retrouver lumière, illumina le visage de l'enfant, enfant à la face parfaite, au sourire immédiat qui inonda le regard de l'Hure. Enfant à qui tout l'amour du monde était promis, annoncé, destiné.

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    «  Lurette, la baptisa-t-elle , Lurette, il y a si longtemps, Belle Lurette, il y a si longtemps, si longtemps que je t'attends »


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    La neige , l'hiver,  c'est  banal.

     

    En ce mois ce février 2018, c'est la panique :

     

     Les automobilistes, tout  le monde s'en prend  au manque

    d'information,  mais peu évoquent l'inconscience  des

    automobilistes  qui persistent à  circuler  sans équipements

    appropriés aux conditions hivernales.

     

    Quand on sait  que   les pays européens ont en majorité adopté

    une politique   drastique pour  que  les automobilistes  adoptent

    des pneus neige.  En Allemagne, on  ne connait pas ces folies

    routières parce  qu'il neige.    En Autriche,  tout véhicule non

    équipé est immobilisé dans l'instant, et son conducteur verbalisé

    jusqu'à  5000 euro pour mise en  danger d'autrui.

     

    Nous avons un retard  préjudiciable  en matière  de  sécurité de

     notre   propre véhicule.   L 'essentiel du problème est là .

    Retour sur une periode de neige, et  quelle neige ...!

     

    C'était il y a  62   ans...février 56,   presque  jours pour  jours...

    __________

     

     

    Pas d'école en ce jeudi, ciel bas et terne,

    lumière tirant sur le jaune.


    Je ne connaissais pas,

    habituée que j'étais à la clarté lumineuse

    du bassin d'Arcachon, aux grisés bleus de l'hiver 

    calme et doux

    sur les grèves atlantiques.


    Ce jeudi là, tout était différent

    les premiers flocons voltigèrent

    vers midi,

    légers,

    légers,

    inhabituels sur mon coin d'océan.

    Légers,

    légers,

    légers,

    puis plus denses,

    serrés,

    prenant du poids et des rondeurs,

    de plus en plus palpables.

    Le nez collé à la verrière du studio,

    comme on appelait ce petit salon donnant à l'est,

    tout vitré,

    je regardais ma première vraie neige,

    espérant secrètement qu'elle ne s'arrêterait jamais.

    Jamais,

    je priais au fond de moi,

    car la prière c'est l'avenir au présent,

    je n'osais le dire car mon papa montrait

     des signes d'énervement,

    semblait contrariépar cette atmosphère nouvelle.


    Toujours pessimiste, il imaginait déjà quelque catastrophe.


    La neige continuait,

    continua,

    et l'après midi,

    et la soirée, .

    Vers 17 heures,

    un ami médecin dérapa dans la côte de notre rue,

     et sa voiture s'immobilisa

    le nez dans un réverbère, juste devant chez nous.

    « Bah, je la récupèrerai demain.

    Surveille - la »   lança-t-il goguenard à papa  .

     

    Le dîner fut électrique.

    Maman "très enceinte" comme je disais,

    ne pouvait calmer mon excitation,

    j'allais et venais de fenêtres en verrière .

    La nuit , bleu marine,

    était scintillante de ces mouches blanches qui commençaient à imprimer

    leur graphisme sur ma rétine.Je ne voyais plus qu'elles.

    Le coucher fut tardif.


    Il neigeait .

    Au matin, il me fut annoncé qu'il n'y aurait pas école.


    Derrière les vitres, 

    le spectacle le plus incroyable m'attendait.

     

    avenue gambetta depuis la terrasse de la maison 02 1956.jpg

    l'avenue Gambetta, notre rue

    depuis la terrasse de notre maison

    Photo Jean Cottard

    *


    Le jardin n'existait plus,nivelé, englouti,

    la chaudière à charbon ne tirait pas,

    comme étouffée par l'atmosphère sans vent, enserrante.

    Il faisait froid dans la maison,

    mais mon cœur battait d'une brûlante chamade.

    Il neigea tout le vendredi.


    Au matin du samedi,

    la ville n'était plus qu'un gigantesque champ uniforme,

    d'une blancheur qui m'était inconnue.

    *

    medium_cours_lamarque_avec_la_boucherie.jpg
    cours Lamarque
    medium_av_gambetta_ski.jpg 
    avenue  Gambetta, devant le garage  Dufourc
    medium_inaccessibles_galeries.jpg
    angle rue du Casino /cours Lamarque

    *

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    Si j'avais dû la comparer à des sons,

    je l'aurais qualifié de « stridente » 

    aussi insupportable aux oreilles qu'elle l'était

    à mon regard

    Trop brillante, trop ardente,.

    La voiture de l'ami Gilles avait disparu sous

    une gangue glacée.

    hiver arc 56.jpg
       Elle resterait trois semaines au même endroit,

    car pendant plus de 20 jours,

    nous connûmes un froid sibérien : tuyaux d'eau gelés,

    il fallait remplir de neige la baignoire pour récupérer

    de l'eau ,

    la faire bouillir...Pénurie de charbon.

    J'ai usé un petit balai de paille pour  le simple plaisir

    de déblayer la neige des marches

    qui descendaient au jardin.

    Nous, les enfants,si heureux de ce cadeau du ciel,

    nous dévalions l'avenue Gambetta

    avec des  cartons en guise de luges;

    et  pour les grands, l'école reprit, bon an mal an.

    Je conserve un souvenir extraordinaire ?

    celui de mon père chaussant ses skis de bois ,pour,

     avec un ami du quartier,

    effectuer la descente vers le centre ville

    le premier matin de paralysie,

    histoire de remonter pain et lait à des Arcachonnais

    bloqués dans leurs  maisons

    totalement inadaptées à ce climat.

    Le bassin charriait de la glace,

    les arbres s'effondraient sous le poids ,

    vous pouvez ne pas me croire,mais de mes souvenirs,

    il demeure des traces photographiques.

    *

    medium_le_bassin_pris_ds_les_glaces.jpg
    le bassin charrie de la glace  entre les pinasses
     
    medium_devant_st_Yves_bd_de_la_plage.jpg
    boulevard de la Plage
    vers  Saint Yves
     
    medium_balcon_pharmacie_1°_étage.jpg
     depuis  le balcon de la pharmacie Ardouin
    rue du Casino
    au fond, le Casino  Mauresque  qui  brûla en 1977
     
     Casino mauresque arcachon.jpg
     

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     avenue Gambetta pharmacie    Fleury 

    vue du balcon de l'étude   de mon grand père

    medium_2_cv_règlementaire.jpg
    devant la mairie
     
    medium_hôtel_richelieu_et_café_repetto_place_thiers.jpg
    place Thiers

    *

    Photos incroyables, (Léo Neveu ) collection personnelle

    et celles que Noël Courtaigne,

    passionné des vieux clichés d'Arcachon

    m'a autorisé à publier.(coll Ardouin )

    et des photos personnelles

    dues à l'objectif de mon papa.

     

    Authentique souvenir d'enfance,de ceux qui vous laissent

    un goût de conte  et d'irréel.

    *

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    medium_tranchée_devant_le_café_Le_Victoria.jpg
    medium_place_thiers_le_bassin.jpg
    tonton robert déneige devant la pharmacie.jpg
     
    Tonton Robert déneige place Thiers
     
     
    medium_les_mouettes_sur_la_ville.jpg
     boulevard de la Plage

     

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    Gaby devant le Club

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    l'Hôtel de France, boulevard   de la Plage,

    aujourd'hui disparu

    clin  d'œil à Monsieur Bernadac, à Jeanine.

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    Le Café Thiers, ancien Repetto

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      En ce soir de l'été 1983, Paris porte une tenue grisée mais 
    douce

     agrémentée d'un vent qui promet déjà de forcir.

     C'est donc le 21 juin, jour de l'été,

    choisi depuis l'année précédente pour célébrer la Musique

    partout en France   . 1983, année  de lumière et de bonheur.

         Partis  de la place    de l'Europe, nous descendons vers le

    centre de la ville pour une grande balade nocturne à la rencontre

    de la fête.


           De Saint Lazare à l'Opéra, rien.

     

     Les rues sont désespérément calmes , pas une note, pas un son

    qui sortirait des appartements, pas d'instruments , point de gens.


    Où sont donc les Parisiens?

     

    Où est donc la fête annoncée?

     

    Plus nous nous rapprochons de la place de l'Opéra, plus nous

    sentons que quelque chose se passe, que quelque chose se serait

    concentré au cœur même de Paris, au Temple de la Musique et

    de  la Danse.

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    Lieu magique et somptueux , ce soir  désacralisé.

     

     

        En haut des marches du Palais Garnier, une gigantesque sono

    crache ses décibels dans la nuit maintenant tombée.

     Musique brésilienne: la foule écoute , mais ne participe pas.

     

     

     Levant les yeux, nous découvrons les machinistes de l'Opéra en

    bleu de travail jambes ballantes dans le vide, assis en rang

    d'oignon au bord du toit, entre les statues.


     Soudain un homme sort de la foule, se met à danser sans

    retenue, symbole de la fête libérée et retrouvée.

     Il danse à contre temps, ne se soucie de rien, ne voit rien, fou

    de bonheur, de rythme, ivre de décibels .


     A son tour, une grande fille rousse dégingandée quitte les rangs

    sages, et le rejoint.

     

     

    Étonnant contraste entre le cercle immobile et ces corps pulsés,

    bousculés par la batterie.

     

     

     En eux la musique, et la fête éclate pour de bon, spontannée,

    libérée, loin encore des institutions qui la muselleront  à l'avenir:

     

    elle  se propage dans les corps et les cœurs.



      Nous quittons la place de l'Opéra livrée maintenant à la danse,

    les oreilles vibrantes, nous rejoignions le Palais Royal.

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     Parfois, à l'angle de deux rues, un jeune, un couple, harmonica,

    tambour, guitare, ocarina, chacun à sa manière célèbre sa fête.

    Paris s'émaille de sons échappés dans la nuit.


     Palais royal : lumières et colonnade, éclair pour l'œil, explosion

    pour l'oreille.


     L'Orchestre de la Garde républicaine , éclatant de cuivres polis,

    sanglé dans les uniformes de parade, fait claquer l'ouverture de

    « Carmen » ; les enfants hurlent de joie , 

     

     

    pas question d'écoute religieuse, mais une participation

    bondissante et libérée, corps et âmes, à tout ce qu'offre cette

    nuit.



     

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    les portes ouvertes , déverse des flots

    d'orgue triomphal. 

     

     

     

     

     

    Le vent s'est levé pour de bon, chargé des poussières

    de la ville , des sons démultipliés se heurtent, s'entrechoquent ,

    tournoient se marient  et se dispersent.





     Une clarinette solitaire perce la nuit ; nous en suivons le ruban

    mélodique et pénétrons dans les Jardins des Tuileries.

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     Du sable soulevé par les bourrasques tièdes s'engouffre dans

    les allées labyrinthiques.


     La musique nous guide.


          Assis sur un banc de pierre, un homme joue, seul.

     

     

    A ses pieds , un radio - cassette diffuse la partie quatuor du

    quintette avec clarinette de Brahms;

    il joue, pour lui,   pour Brahms, pour la Musique,

           il joue sans nous voir, les yeux clos,

                   tout entier immergé dans l'œuvre somptueuse,

                  sa clarinette emplit l'espace des jardins.


     


        Ce 21 juin 1983 , sa contribution à la Musique s'ancre à tout

        jamais dans ma mémoire.

     

     

        Une larme de joie roule sur ma joue, je suis bien.

    La musique,  

         ce n'est pas que le 21 juin, elle m'accompagne chaque jour,

         chaque heure , peut être  n'en ai-je jamais écouté comme ces

         derniers mois, et ne me demandez pas, à  la manière de

             Françoise  Sagan si j'aime  Brahms  ...!


       Mais  je ne sais pas encore que ce sera le seul 21 juin à

    m'apporter ce bonheur indicible.


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